La
rougeole (également appelée
1re maladie) est une
infection virale éruptive aiguë. Elle atteint essentiellement les enfants à partir de l’âge de 5-6 mois, et elle est définitivement
immunisante. Le nom de « première maladie » provient du fait qu'à l'époque où l'on a voulu établir une liste des maladies provoquant un exanthème infantile, elle a été la première à être énumérée. La
vaccination contre la rougeole, recommandée pour les enfants autour d'un an, vise surtout à éviter les complications de l'infection, comme les encéphalites, qui peuvent avoir des séquelles importantes voire létales.
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Le virus de la rougeole [modifier]Le
virus de la rougeole est un
morbillivirus de la famille des
Paramyxoviridae. Il appartient à la même famille que le virus des
oreillons. C’est un virus qui contient de l’ARN et dont l'unique réservoir est l’homme atteint de l'infection, même asymptomatique.
Ce virus est rapidement inactivé par la chaleur (30 minutes à 56 °C) ou la lumière
ultraviolette. Il est en outre sensible à de nombreux désinfectants (
alcohol à 70 % par exemple).
Mode de transmission [modifier]Le virus de la rougeole se transmet par les gouttelettes de toux en suspension dans l'air. Il peut également se propager par contact direct avec les sécrétions du nez ou de la gorge de personnes infectées. Le virus ainsi éjecté reste dangereux pendant au moins 30 min. Il survit peu de temps sur les objets et les surfaces.
La période de propagation du virus commence 2 à 4 jours avant l'apparition de l'éruption cutanée. L'installation du virus dans l'organisme se fait au cours de la période d'incubation. Elle se poursuit ensuite pendant la période d'invasion. Le risque de transmission est minime à partir du deuxième jour suivant l'apparition de l'éruption.
Symptômes et évolution de la maladie [modifier]La rougeole se caractérise par quatre phases : incubation silencieuse, invasion avec catarrhe fébrile, éruption dite
morbilliforme, suivie d'une desquamation avec état de fatigue persistant.
La première phase correspond à une
incubation silencieuse de dix jours à 3 semaines après l'inoculation.

Le signe de Köplick est
pathognomonique de la rougeole.
La seconde phase est la période d'
invasion. Elle dure environ quatre jours pendant lesquels l'enfant présente divers symptômes. Il est alors atteint d'une forte fièvre, son nez coule, il tousse, a les yeux rouges voire larmoyants (catarrhe oculo-naso-bronchique fébrile), et peut être très irritable. Les douleurs abdominales, la diarrhée ainsi que les vomissements font aussi partie des symptômes. Pendant l'invasion, le sujet est contagieux et le signe de Köplick apparaît. Ce signe de Köplick est
pathognomonique de la maladie, bien qu'inconstant. Il consiste en l'apparition sur la muqueuse buccale, à la hauteur des molaires, de petites taches rouges irrégulières avec un petit point central blanc. Ce signe est rare et fugace, souvent présent moins de 24 heures.
La troisième phase de la maladie est l'éruption. Elle dure en moyenne quatre à cinq jours et correspond à la
phase d'état de la rougeole. L'éruption est caractéristique de la rougeole, et consiste en l'apparition progressive de petites plaques (rouges sur les peaux blanches) plus ou moins en relief, de quelques millimètres de diamètre, qui confluent en larges plages mais laissant toujours entre elles des intervalles de peau saine. Au premier jour de cette phase, l'éruption débute sur le visage, derrière les oreilles, puis s'étend progressivement. Puis au 2
e jour, elle atteint tout le visage, le cou, et la partie supérieure du thorax. Au 3
e jour, le tronc et les membres supérieurs sont atteints. L'éruption s'étend aux membres inférieurs à partir du 4
e jour. Les démangeaisons sont rares. La fièvre reste élevée, puis s'atténue peu à peu.
Durant la quatrième et dernière phase l'éruption cutanée laisse, avant de s'effacer, une coloration brune tirant sur le cuivre, et fait place à une
desquamation fine visible quelques jours. La fièvre disparaît, mais la convalescence dure encore une dizaine de jours durant desquels l'enfant, souvent fatigué, peut tousser.
La période de contagiosité débute 5 jours avant et 12 jours après l'éruption : la contagion est possible même pendant la première phase d'incubation.
Diagnostic différentiel [modifier]De manière générale, l'apparition des taches de Köplick et la progression caractéristique de l'éruption de la tête aux pieds suffit pour confirmer le diagnostic. Cependant, lorsque des doutes persistent, la méthode d'immunofluorescence permet de mettre en évidence ou non la présence du virus susceptible de se développer dans les cellules du pharynx ou celles contenues dans les urines après culture.
La rougeole peut être confondue avec la
rubéole, la
scarlatine, la
roséole infantile, la
mononucléose infectieuse ou encore une éruption d'origine médicamenteuse (exanthème multiforme)
Complications [modifier]Les formes les plus sévères de la rougeole apparaissent chez le jeune enfant souffrant de malnutrition, surtout en cas d'apports insuffisants en vitamines A ou en cas de déficit immunitaire associé, tel le
sida. De fait, l'enfant ne meurt pas directement de la rougeole mais de ses complications, telles
encéphalite,
diarrhées sévères ou
pneumonies.
Les complications de la rougeole peuvent être de quatre ordres : respiratoire, neurologique, digestif et oculaire. Une des complications neurologiques est l’encéphalite post-éruptive ou post-infectieuse. Elle est la plus fréquente et survient 3 à 10 jours après l’éruption. Elle n'est pas due à une multiplication du virus dans le cerveau, mais elle est probablement expliquée par un mécanisme
auto-immun. Un mécanisme auto-immun apparaît lorsque les anticorps attaquent nos propres tissus vivants. On en voit un cas pour 1 000 rougeoles et sa mortalité est de 10 %. Ce n'est donc pas une rareté. Elle est responsable d'un décès pour 10 000 cas de rougeole.
Traitement de la rougeole [modifier]Traitement curatif [modifier]Le traitement curatif de la rougeole n’est pas spécifique à cette maladie. Le plus souvent, on donnera au patient de quoi soulager les différents symptômes, comme la toux, les démangeaisons ou la fièvre. En cas de surinfection bactérienne, un traitement antibiotique peut être administré. Cependant il n'existe à ce jour aucun traitement spécifique pour traiter cette infection virale.Une supplémentation en vitamine A - qui a également un impact préventif- peut s'avérer utile,sinon nécessaire
[1][2][3].
Vaccination préventive [modifier]

Virus au microcope électronique
La vaccination est le meilleur traitement préventif actuel. Dans le cas de la rougeole, elle se fait à l'aide du
virus atténué dont la virulence est diminuée par des opérations biochimiques.
En termes de prévention, une première dose du vaccin contre la rougeole est recommandée à l'âge de 12 mois. Le vaccin recommandé protège également contre deux autres maladies, la rubéole et les oreillons (c’est ce qu’on appelle un vaccin trivalent). Une deuxième dose de ce vaccin est recommandée entre 13 mois et 24 mois. Cette deuxième dose n'est pas un rappel, l'immunité obtenue après une première dose étant de longue durée. Elle constitue un rattrapage pour les enfants n'ayant pas séroconverti contre la rougeole, la rubéole ou les oreillons après la première injection.
En 2005, la
vaccination concerne près de 77 % de la population mondiale, entraînant une réduction encore accrue de la mortalité — moins de 345 000 décès cette année-là sur 20 millions de malades. La moitié des cas fatals se situant en Asie du Sud-Est, lieu où la couverture vaccinale est moindre
[4].
Entre 2000 et 2005, plus de 300 millions d'enfants âgés de neuf mois à quinze ans ont été vaccinés ou revaccinés. Les politiques de vaccination systématique de masse ont pu être améliorées grâce à la mise en place de système de stockage réfrigéré pour les vaccins et à la création d'un maillage de
dispensaires. En
Afrique tropicale et en
Afrique équatoriale, il a été ainsi observé une diminution de près de trois quarts des décès passant de 506 000 à 126 000.
L'objectif de l'
Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'
Unicef, pour
2010, est de réduire la mortalité à l'échelle mondiale de 90 % par rapport aux chiffres de l'an 2000, avec pour objectif l'éradication à terme de la maladie
[5]. Entre 2000 et 2007, le nombre de décès a chuté de 750 000 à 197 000 par an dans le monde (-74%)
[6].
Énanthème de la rougeole.
