Femmes au bord de la crise…cardiaque, ce n’est pas comme pour les hommes !

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    "amira"
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    Message par "amira" le Jeu 21 Juil 2011, 17:02

    La tendance s’est renversée… La proportion de décès par cardiopathie ischémique est maintenant plus élevée chez les femmes que chez les hommes. L’âge n’explique pas tout puisque ce constat reste vrai chez les moins de 50 ans. Il y a plusieurs explications faisant référence par exemple à une différence de présentation de la maladie (davantage d’angors chez les femmes, mais moins de sténoses coronaires), mais également à une sous-utilisation des traitements notamment en cas de syndrome coronaire aigu. Pour faire avancer les choses, il s’agit maintenant de déterminer ce qui motive cette attitude.

    Une équipe canadienne s’est penchée sur deux registres nationaux de syndrome coronaire aigu qui ont inclus 6 558 patients (4 471 hommes et 2 087 femmes) et a créé un modèle avec 23 variables cliniques.

    Le résultat confirme que les femmes ont reçu moins de bêta-bloquants (75,76 % contre 79,24 %, p< 0,01), de traitements hypolipémiants (56,37 contre 65,44 %, p <0,0001) et de médicaments du système rénine-angiotensine (55,52 % contre 59,99 %, p<0,01). Les deux facteurs prédictifs les plus importants de sous utilisation des hypolipémiants et des médicaments du système rénine-angiotensine étaient : le sexe féminin et la décision de ne pas pratiquer une coronarographie. En ce qui concerne les bêta-bloquants, on retient l’âge, la classe Killip 2 et Killip 3/4. Les femmes des registres étaient volontiers plus âgées (69±12 contre 64 ±12 ans, p<0,01) et plus souvent en classe Killip ≥ 2 (19,95 % contre 15,54 %, p=0,068). Enfin, elles ont moins souvent bénéficié d’une coronarographie (41,9 % contre 49 6 %, p<0,001).

    Les résultats d’une autre étude parue simultanément et qui a examiné les données de 12 200 patients des deux sexes traités pour un angor stable, vont dans le même sens.

    La sous-utilisation des traitements médicaux dans le syndrome coronaire aigu chez les femmes semble donc être liée à leur âge plus avancé, à une fréquence plus élevée d’insuffisance cardiaque et à une sous-utilisation de la coronarographie. Le sexe féminin reste cependant un facteur de risque de sous utilisation des hypolipémiants et des médicaments du système rénine-angiotensine même après ajustement selon ces cofacteurs.

    Cependant, il est à noter que lorsque les femmes présentent une sténose à la coronarographie, la différence entre les sexes tend à s’estomper et les prises en charge deviennent similaires. Les variations semblent donc essentiellement dues à un éloignement du modèle masculin typique : cardiopathie ischémique-sténose, qui perturbe les prescripteurs.


    Dr Benoît Tyl

    Bugiardini R et coll. : Factors influencing underutilization of evidence-based therapies in women. Eur Heart J., 2011 ; 32 : 1337-1344.

    Johnston N et coll. Are we using cardiovascular medications and coronary angiography appropriately in men and women with chest pain? Eur Heart J., 2011 ; 32 : 1331-1336

    Merz CN : The Yentl syndrome is alive and well. Eur Heart J., 2011 ; 32 : 1313-1315

      La date/heure actuelle est Jeu 24 Mai 2012, 00:27