L'idée n'est pas nouvelle, mais le système utilisé par les
chercheurs de l'Inserm est inédit. Alain Berdeaux, Renaud Tissier et
leurs collaborateurs de l'Unité Inserm 955 (Institut Mondor de
recherche biomédicale) viennent d'apporter une nouvelle preuve au fait
que le refroidissement très rapide de l'organisme permet de protéger
les organes vitaux après un arrêt cardiaque. La technique mise au point
chez l'animal consiste à refroidir l'organisme après un arrêt cardiaque
en administrant dans les poumons des liquides riches en fluor. Ce
système permet d'une part l'apport d'oxygène au poumon grâce à une
-ventilation liquide- et, d'autre part d'abaisser la température
corporelle jusqu'à 32 degrés très rapidement pour créer une hypothermie
à visée thérapeutique. Celle-ci limite les séquelles après un arrêt
cardiaque chez le petit animal. Les résultats, publiés en aout 2011
dans la revue médicale Circulation, sont disponibles en ligne.
Chaque
année, environ 50.000 personnes font l'objet en France d'un arrêt
cardiaque brutal en dehors du secteur hospitalier. La prise en charge
de ces patients est une urgence absolue puisque chaque minute suivant
l'arrêt cardiaque est cruciale. Si la circulation du sang n'est pas
rétablie dans les 3-4 minutes après l'accident par une réanimation
d'urgence, les organes vitaux (coeur, cerveau, foie, reins) commencent
à souffrir du manque d'oxygène. Lorsque les secours arrivent à faire
repartir le coeur, des séquelles sont alors fréquentes pour ces organes
vitaux.
Alain Berdeaux, Renaud Tissier et leurs collaborateurs
ont développé chez le petit animal un système expérimental qui permet
d'administrer des liquides riches en fluor (perfluorocarbones) dans les
poumons pour établir une forme de respiration basée sur des liquides et
non plus des gaz. On parle alors de - ventilation liquide -. Ces
liquides présentent un double avantage : la teneur en oxygène du
perfluorocarbone peut être assez élevée pour que les poumons continuent
de fonctionner et sa température d'administration permet une
hypothermie thérapeutique. S'il est administré à une température
inférieure à la température corporelle, son passage dans le poumon
abaisse très rapidement la température de l'organisme jusqu'à environ
32 degrés pour créer des conditions favorables à la préservation du
coeur et des autres organes vitaux.
Chez les animaux ayant
bénéficié de ce système expérimental, la survie et la qualité des
tissus cérébraux et cardiaques ont été considérablement améliorés après
un arrêt cardiaque de 5 à 10 minutes. Cette amélioration était très
supérieure à celle obtenue avec d'autres stratégies permettant
d'induire une hypothermie plus lente, renforçant à nouveau l'idée qu'il
est essentiel d'agir vite après la réanimation cardio-pulmonaire,
explique Renaud Tissier.
Source : Ultrafast and Whole-Body
Cooling With Total Liquid Ventilation Induces Favorable Neurological
and Cardiac Outcomes After Cardiac Arrest in Rabbits M. Chenoune, DVM,
MSc; F. Lidouren, BSc; C. Adam, MD; S. Pons, PharmD, PhD; L. Darbera,
MSc; P. Bruneval, MD; B. Ghaleh, PhD; R. Zini, PhD; J.-L. Dubois-Rande,
MD, PhD; P. Carli, MD, PhD; B. Vivien, MD, PhD; J.-D. Ricard, MD, PhD;
A. Berdeaux, MD, PhD; R. Tissier, DVM, PhD
chercheurs de l'Inserm est inédit. Alain Berdeaux, Renaud Tissier et
leurs collaborateurs de l'Unité Inserm 955 (Institut Mondor de
recherche biomédicale) viennent d'apporter une nouvelle preuve au fait
que le refroidissement très rapide de l'organisme permet de protéger
les organes vitaux après un arrêt cardiaque. La technique mise au point
chez l'animal consiste à refroidir l'organisme après un arrêt cardiaque
en administrant dans les poumons des liquides riches en fluor. Ce
système permet d'une part l'apport d'oxygène au poumon grâce à une
-ventilation liquide- et, d'autre part d'abaisser la température
corporelle jusqu'à 32 degrés très rapidement pour créer une hypothermie
à visée thérapeutique. Celle-ci limite les séquelles après un arrêt
cardiaque chez le petit animal. Les résultats, publiés en aout 2011
dans la revue médicale Circulation, sont disponibles en ligne.
Chaque
année, environ 50.000 personnes font l'objet en France d'un arrêt
cardiaque brutal en dehors du secteur hospitalier. La prise en charge
de ces patients est une urgence absolue puisque chaque minute suivant
l'arrêt cardiaque est cruciale. Si la circulation du sang n'est pas
rétablie dans les 3-4 minutes après l'accident par une réanimation
d'urgence, les organes vitaux (coeur, cerveau, foie, reins) commencent
à souffrir du manque d'oxygène. Lorsque les secours arrivent à faire
repartir le coeur, des séquelles sont alors fréquentes pour ces organes
vitaux.
Alain Berdeaux, Renaud Tissier et leurs collaborateurs
ont développé chez le petit animal un système expérimental qui permet
d'administrer des liquides riches en fluor (perfluorocarbones) dans les
poumons pour établir une forme de respiration basée sur des liquides et
non plus des gaz. On parle alors de - ventilation liquide -. Ces
liquides présentent un double avantage : la teneur en oxygène du
perfluorocarbone peut être assez élevée pour que les poumons continuent
de fonctionner et sa température d'administration permet une
hypothermie thérapeutique. S'il est administré à une température
inférieure à la température corporelle, son passage dans le poumon
abaisse très rapidement la température de l'organisme jusqu'à environ
32 degrés pour créer des conditions favorables à la préservation du
coeur et des autres organes vitaux.
Chez les animaux ayant
bénéficié de ce système expérimental, la survie et la qualité des
tissus cérébraux et cardiaques ont été considérablement améliorés après
un arrêt cardiaque de 5 à 10 minutes. Cette amélioration était très
supérieure à celle obtenue avec d'autres stratégies permettant
d'induire une hypothermie plus lente, renforçant à nouveau l'idée qu'il
est essentiel d'agir vite après la réanimation cardio-pulmonaire,
explique Renaud Tissier.
Source : Ultrafast and Whole-Body
Cooling With Total Liquid Ventilation Induces Favorable Neurological
and Cardiac Outcomes After Cardiac Arrest in Rabbits M. Chenoune, DVM,
MSc; F. Lidouren, BSc; C. Adam, MD; S. Pons, PharmD, PhD; L. Darbera,
MSc; P. Bruneval, MD; B. Ghaleh, PhD; R. Zini, PhD; J.-L. Dubois-Rande,
MD, PhD; P. Carli, MD, PhD; B. Vivien, MD, PhD; J.-D. Ricard, MD, PhD;
A. Berdeaux, MD, PhD; R. Tissier, DVM, PhD









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